Franck Thilliez 

Fleuve édition

« Delphine… Elle s’appelait Delphine comme dans le poème »

Mes petits chats, après ce long silence, me revoilà ! Ma vie de chat a été quelque peu mouvementée, mais je reviens en force avec un livre et pas n’importe lequel : celui de Monsieur Franck Thilliez, 1991.
C’est un auteur que ne l’on présente plus : maître du policier, thriller, angoisse et autres genres. Si vous ne le connaissez pas, on fonce voir sa bibliographie et on se plonge dans son univers. Personnellement, ma découverte de cet écrivain s’est faite avec Puzzle, et je me suis pris une claque ! Enfin un livre qui nous ronge les méninges. Si vous n’avez pas froid aux yeux et que vous aimez ce style, plus d’hésitation, foncez chez votre libraire préféré.

Après cette petite introduction, parlons un peu de ce 1991 !!


Nous voilà plongés dans la meilleure des décennies ( en toute objectivité bien entendu ), celle des

années 90, en compagnie du protagoniste Sharko.

*Petit aparté pour les novices de Thilliez, (attention pas tous !) Sharko est un personnage récurrent dans ses livres. C’est un enquêteur, nous pouvons suivre ses affaires et son histoire au travers d’enquêtes angoissantes.

Nous allons suivre la toute première enquête de ce jeune policier, fraîchement débarqué au 36 quai des Orfèvres. Rien de mieux que de découvrir un personnage que l’on a l’habitude de suivre par le biais d’autres nombreux ouvrages, au tout début de sa carrière. Nous avons toujours eu envie de connaître son histoire et visiblement Franck Thilliez avait également envie de nous en dire plus, et de vraiment tisser un lien et un attachement envers Sharko.

1991, c’est quoi ? Et bien c’est très compliqué à résumer sans trop vous en dévoiler. Une enquête sous fond de magie, d’illusions, de pratique vaudou, de recherche de genres. Un roman policier, qui nous emmène avec lui et ne nous laisse aucun répit.
Un corps de femme retrouvé dans sa chambre, partie génitale et seins brûlés, sac sur la tête, en cours de décomposition, avec au-dessus de son lit des Polaroids d’enfants nus.. et surtout une maison fermée de l’intérieur sans aucune autre issue. Comment le tueur en est-il sorti en refermant de l’intérieur sans accès vers l’extérieur? Voilà la trame de départ.

Nous suivons, l’enquête en découvrant la brigade du 36 quai des Orfèvres et les collègues de Sharko. Nous découvrons ses faiblesses et pourquoi son envie de devenir policier. Derrière toute cette noirceur que nous offre ce livre, l’histoire d’amour entre Sharko et sa première fiancée nous apporte de la douceur et du réconfort. Mais ce n’est pas tout, une autre enquête vient s’imbriquer dans la première : celle « Des disparues du Sud parisien ». Au départ, Sharko est sur cette affaire mais tout va changer quand il va recevoir la photo d’une femme ligotée, apportée par un homme ayant reçu cette missive dans sa boite aux lettres.

Ce que j’ai apprécié dans 1991, c’est le côté régressif qu’il nous offre, car nous sommes au début des années 90, les premières technologies. Il nous fait découvrir les enquêtes sous un autre angle, car les moyens que nous connaissons aujourd’hui n’y sont pas. Il fait durer l’enquête au rythme des réponses des laboratoires d’analyses ou des témoignages fournis en faisant du porte à porte. De nos jours, tout est informatisé et regroupé sur des logiciels tandis qu’à l’époque, rien ne valait un petit calepin.

Il m’a été fascinant de suivre la manière de travailler des policiers, avec la manière de procéder à l’échange de leur idées via ce qu’ils appellent « la bulle ».
Thilliez, nous transporte au travers de ses références, au travers des objets, des expressions, de la musique, le décors est planté avec justesse sans trop en faire.

Ce roman, nous mène vers un tas de sujet, mais toujours ficelés à merveille avec énormément d’intelligence. Nous ne voyons pas la fin arriver, du suspense et des hypothèses pour le lecteur qui tombent à l’eau à plusieurs reprises.
Pour ma part, j’avais trouvé le meurtrier bien avant mais je ne m’attendais pas à tant de twist et surtout à cette fin magistrale.

Je n’avais aucune envie que le livre s’arrête, une histoire haletante qui nous fais réfléchir et qui aborde des sujets sensibles.

Ce n’est pas seulement un roman policier, Thilliez, comme je vous le disais plus haut, évoque des sujets profonds, sur l’identité de chacun, un sujet au cœur des conversations dans notre époque et avec cette nouvelle génération. Quand vous allez lire ce livre, ne soyez pas choqués par les descriptions qui peuvent heurter la sensibilité si vous êtes un peu empathique. L’auteur met l’accent sur les mentalités sexistes de cette époque avec un côté archaïque.

Au fil de ma lecture, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle avec le roman Illusion de Chattam qui parle comme son nom l’indique, d’illusion et de magie ( pour lire l’article « https://chatspitres.fr/illusion/ » ). On s’aperçoit très rapidement que le thème est similaire mais qu’il prend une tournure tout autre, plus terre à terre avec la véritable intrigue policière.

Thilliez est un magicien, lui aussi à sa manière, et manipule les mots, les rebondissements, les intrigues toujours de façon habile en malmenant le lecteur.
On peut noter également les nombreuses références autour du domaine de la prestidigitation. On voit que l’auteur s’est renseigné sur le sujet, et nous découvrons le secret de quelques tours qui nous ont tous subjugués un jour, que ce soit lors d’un spectacle ou devant notre petit écran.

C’est encore du grand art que monsieur Thilliez nous offre. J’ai refermé son livre avec un pincement au cœur et l’envie de lire plus, je trépigne d’impatience de pouvoir ouvrir les pages du prochain livre Labyrinthe dont la sortie est prévue au mois de mai.

J’ai hâte de connaître son prochain tour, qui nous glacera le sang à coup sûr.