30 ans ( 10 ans de thérapie ) & 35 ans ( dont 15 avant internet )

Nora Hamzawi

Edition Poche Marabout Mazarine

Edition Mazarine 

« Je veux bien essayer : « Je m’appelle Nora, j’ai 30 ans, je mens sur mon âge, j’ai des grands pieds, je regrette mes jambes d’ado et j’adore me balader au Monop’ » »

« Alors, je me suis dit c’est peut-être ça aussi grandir : la possibilité d’attendre son premier cheveu blanc dans un tee-shirt Mickey. Et s’en foutre. »

Voila, j’ai fermé la page du dernier livre de Nora Hamzawi avec beaucoup de tristesse et l’envie d’en lire plus. 

Ça m’avait fait le même effet à la fin de son premier livre 30 ans, mais je savais alors que je pouvais engloutir comme une vorace le deuxième qui m’attendait sagement en mode « Lis moi vite ! Lis moi vite ! » !

 À la fin du dernier, j’ai vraiment eu la sensation de perdre une copine, non mais je vous jure je ne suis pas cinglée, mais je m’y suis reconnue à tellement de reprises et ai reconnu énormément de mes amies, que d’un seul coup j’étais devenue accro ! 

Nora Hamzawi est une comédienne, humoriste et chroniqueuse radio, presse et télé. Pour le coup, je rajoute également auteure.  

J’ai découvert cette artiste, lors de ses chroniques sur le plateau de l’émission Quotidien animé par Yann Barthes, puis avec son premier spectacle que j’ai regardé au moins 4 fois ( non non mais je vous jure, je ne suis toujours pas cinglée ! ), puis j’ai écouté certaines de ses chroniques radio en Podcast et pour finir, la semaine dernière, j’ai vu le film Éléonore dans lequel elle tient le rôle principal. 

Bon je crois que vous l’aurez compris, je l’aime beaucoup Nora. Étrangement, je n’avais pas eu l’occasion de lire son premier livre, sorti il y a quand même cinq ans.. Bouuuhhh *shame on me* ! Donc, lorsque j’ai vu que son dernier livre sortait, je me suis dit que c’était le moment et que je pourrais me faire un gros shoot de Nora Hamzawi ! Je me suis donc précipitée à la librairie afin de me jeter tel un chat sur la dernière croquette au fond de son bol sur ses deux romans.

Un confinement plus tard, voilà ma chronique ! 

Je me suis dit que j’allais écrire un seul et même article pour regrouper les deux livres car de toutes manières, il y a une suite logique et une évolution nette entre eux. 

Ayant 32 ans ( oulala je vous lâche un scoop de ouf mes chers ami(e)s ) et presque tous mes crocs, je me suis vraiment reconnue dans le premier 30 ans. Mais aussi dans les points nostalgiques de 35 ans, cependant, n’ayant pas encore eu une portée de chaton, je ne pouvais m’identifier à certains éléments du second tome. MAIS, là où Madame Nora est très forte ( le madame qui fait mal ), c’est que nous savons que c’est une maman mais elle en parle sans trop en parler. Elle reste elle-même en abordant les thèmes de la femme qui murit et qui garde son âme d’enfant. On remarque réellement la différence entre les deux livres, on sent qu’il s’est passé 5 ans et que beaucoup de choses ont évoluées. 

Dans 30 ans, on parle plus de la fille « cool », la peur du téléphone, des références à Friends, la manière de décomplexer nos complexes, les séances chez le psy, les dimanches Mcdo et la fin nostalgique où l’on se rend compte qu’on a 30 ans. 

Dans 35 ans, on retrouve évidemment sa manière d’être, car Nora Hamzawi reste celle que l’on a découverte mais avec plus de maturité, plus de questionnement sur le fait de devenir vraiment « adulte » « parent »,  des comparaisons avec sa vie d’avant. On retrouve également des personnages comme par exemple Mathieu Chatte ( moi aussi j’ai pu recroiser un Mathieu Chatte et OH MY GOD comme je le déteste ), puis comme je suis de la même génération qu’elle, la nostalgie dans toutes les références et comparaisons monde d’avant et monde de maintenant, m’ont fait l’effet d’une madeleine de Proust.

Je me suis reconnue en elle, comme je vous le disais plus haut et beaucoup d’entre vous se reconnaitront, car il faut se l’avouer on est toutes un peu comme ça !!! J’aimerais tellement vous en dire plus mais chaque chapitre réserve de belles pépites humoristiques et je ne voudrais pas vous gâcher ce plaisir.

Ce sont deux livres « feel good » qui permettent de passer un agréable moment, agrémentés de fou rire, de nostalgie, de remises en question de soi et qui font ressortir les petits côtés non-assumés de chacune. Au final, on se dit « bah je ne suis pas toute seule à être comme ça finalement, et à reprendre une grosse cuillère de Nutella devant le feuilleton de M6, après avoir mangé une vieille salade de quinoa avec jus detox concombre citron gingembre ». 

Ah oui, ce qui m’a plu, c’est que lorsque je lisais, j’entendais la voix et le débit de parole de Nora ! ( non je ne suis pas skizophrène ) Cela rendait les livres encore meilleurs, donnait la sensation qu’elle nous dédiait un spectacle rien qu’à nous personnellement. 

Dans les deux livres, nous y trouvons des illustrations qui sont juste géniales. Dans 30 ans, c’est Anna Wanda Gogusey qui nous illustre avec brio les textes de l’auteure et dans 35 ans, c’est Thibault Milet qui s’y colle. Le mélange textes et illustrations rend les livres encore plus attachants et drôles.

Anna Wanda Gogusey :  

Un petit mot avant de passer aux visuels des autres illustrations. Le dessin du pique-nique et le chapitre qui va avec m’ont valu un tel fou rire !!! Je suis dans l’obligation extrême de partager ça avec vous, même si je vous ai dit que je ne voulais pas vous en dire plus c’est trop tentant donc désolée par avance: 

« Je n’ai rien contre les enfants, hein, mais le sien, il est relou mais relou ! Il est là avec son petit corps à courir dans tous les sens…AHHHH ! Mais pourquoi tu cries quand tu cours ?? Tu peux pas le faire en silence ? T’as les couilles sous les pieds ou quoi ? Je lui aurais shooté dedans sérieux, mais, évidemment, tu ne peux pas, parce qu’il appartient toujours à un de tes amis. Les parents ne comprendraient pas, ils sont là, le regard rempli de fierté, à regarder leur fils gambader : « Han, mais tu as vu toute cette énergie !!! C’est incroyable ! Il tient ça de son père! » Ah ouais, t’es sûre qu’il ne tient pas ça de votre chien ? »

Thibault Milet : 

Je te remercie, Nora Hamzawi, d’avoir soulagé certains de mes complexes, de ne pas avoir honte d’être allée chez un psy, de checker Insta puis Facebook puis re Insta et re Facebook, d’être obsédée par la vie si formidable de cette instragrameuse, d’avoir des défauts que sans doute des millions de filles et femmes ont et surtout je te remercie pour 35 ans, pour les nombreuses références aux années 90, qu’est-ce que ça nous manque ! Merci d’avoir ravivé dans ma mémoire l’odeur des parfums d’eau jeune et de CK One, le souvenir de Dylan dans Beverly Hills, le 3310, la temporalité avant les smartphones, les chansons niaises mais qui ont bercés notre enfance et adolescence.

J’ai noté une évolution qui m’a fait sourire, dans son premier livre, Nora nous dit qu’elle n’aime pas parler du passé et de la nostalgie mais dans son deuxième il n’y a que de ça ! Des retours en arrières pour nous présenter sa vie d’avant d’ado ou d’enfant pour comparer à nos vies maintenant. Le passage à la trentaine est un sacré cap et coup dur, ça permet de faire un premier petit bilan de notre vie et parfois se rendre compte de comment c’était avant.

J’ai donc 32 ans, la sensation de ne jamais réussir à devenir complètement une « adulte » mais grâce à son livre, et notamment la dernière phrase qui clos ce dernier, je peux être une adulte mature avec une âme d’enfant, qui secrètement réagit et pense comme une ado. 

On se nourrit de la nostalgie pour certains, mais on murit grâce à elle, en voyant l’évolution et le chemin que l’on a parcouru. Ne jamais oublier de rester soi-même est je pense la morale, si je devais en faire une de ses deux romans.

J’ai hâte de pouvoir lire le 40 ans !!!