Laura Sebastian

Nous voilà ensemble pour cette première chronique en duo. Cette idée a germé lorsque Shalena m’a identifiée sur un article de la page facebook d’Albin Michel.

Ariel Cat-tinou n’hésite jamais à nous envoyer des titres qui pourraient nous intéresser, alors j’ai voulu lui rendre la pareil ! Il m’a attiré car c’est précisément le genre de lecture qui a bercé mon adolescence.

Alors quand Albin Michel a proposé un concours pour gagner le livre, j’ai prévenu Shalena et nous avons sauté sur l’occasion. Malheureusement, aucune de nous ne l’a emporté.

Donc Ariel Cat-tinou se l’est rapidement procuré au Grenier d’Abondance – une super librairie à Salon de Provence – car elle souhaitait absolument le lire avant de pouvoir me le prêter, et c’est donc avec joie que j’ai accepté d’écrire cette chronique en commun avec elle.

Okay, mais c’est quoi ?

Avant tout, c’est une recette attirante dans un emballage gourmand. En voici les ingrédients :

  • une princesse
  • un château
  • un drame
  • une guerre
  • de la magie
  • de l’amitié
  • de l’amour

Ash Princess c’est de l’heroic fantasy pour adolescent. Sorti en France en 2018 chez Albin Michel Jeunesse dans la collection Wiz, le roman de Laura Sebastian nous propulse dans un monde imaginaire où elle nous raconte la subtile magie des gemmes et les conquêtes cruelles d’ennemis sanguinaires.

Il y a dix ans, les Kalovaxiens ont conquit Astrée et réduit en esclavage sa population. Ils ont pris le pouvoir au prix du meurtre sanglant de la reine. Theodosia, la princesse d’Astrée alors âgée de six ans, a cependant été épargnée, mais on lui a tout arraché : sa famille, son nom, sa langue, son peuple. Dix ans après, otage humiliée et objectifiée à la cour du Kaiser, la voilà mue par un nouvel espoir. Astrée vit toujours en elle, et elle compte bien la libérer.

Et du coup, c’est bien ?

L’histoire nous porte facilement à travers la cour du palais d’Astrée. On saisit bien les tenants et les aboutissants de ce monde et de ses occupants. Le parcours chaotique de Theodosia nous concerne, nous aussi simple lecteur, voulons tout tenter pour sauver Astrée de ses bourreaux. Les personnages tiennent leurs rôles respectifs à merveille, sans pour autant devenir complexes. Les relations entre eux ont du sens et font avancer l’histoire avec logique.

Avec une quatrième de couverture qui donne plus qu’envie, j’ai trouvé le fond de l’histoire remarquable, les personnages sont attachants, même certains auxquels nous ne nous attendions pas. J’ai retenu une belle chose après ma lecture : l’amour donne des ailes.

En lisant, nous nous sommes cependant demandé si la traduction était fidèle au style de l’auteur. Peut-être est-elle trop près de l’anglais, ce qui rend la lecture parfois peu aisée, et les dialogues peu naturels.

Enfin, on a parfois des impressions de « déjà-lu », lorsque certaines pensées, certaines descriptions se répètent.

Hm, tu peux développer ?

Quand j’ai vu les premières photos sur les réseaux sociaux, j’étais tellement à fond ! Je n’ai pas hésité une seconde. La couverture est sublime : cette couronne pour moi, révèle une vraie puissance royal et guerrière. Le titre « Ash Princess » est en relief au touché, ce côté doré apporte l’élégance. J’avais déjà envie de le lire, rien qu’en lisant la phrase d’accroche qui est d’une très éloquente : « Ils ont tué ma mère. Ils ont volé mon nom. À moi de les réduire en cendres. »

Dès les premières pages, on entre directement dans le vif du sujet. On découvre Lady Thora dans un environnement hostile. Lady Thora, c’est le nouveau nom de la petite princesse, celui qu’elle a été forcée d’adopter pour être épargnée. Le ton est immédiatement donné. La Princesse des Cendres, comme la surnomme le Kaiser, n’a plus qu’une demi-existence . Elle vit sans arrêt dans la crainte du châtiment corporel. Cette situation est vite secouée de rencontre dangereuse issue de l’ancienne vie de Lady Thora. Astrée vit toujours et cela remet tout en question pour la princesse.

L’action met cependant du temps à se déclencher. La mise en place minutieuse des protagonistes, de leurs rôles et de leurs relations prend du temps. Sachant que plusieurs tomes vont s’enchaîner, ce temps n’est pas perdu, il nous permet de ne pas se perdre, de bien ancrer tout le monde dans l’histoire. Ce qui est parfois facétieux lorsque les personnages sont nombreux.

Ces relations entre Lady Thora et les autres sont au cœur de sa personnalité. Beaucoup de ces relations sont contrôlées, provoquées. Par exemple dès l’enfance, elle rencontre une jeune fille Kalovaxienne qui devient son amie, puis le doute s’installe quand les choses sérieuses commencent. Est-t-elle vraiment une amie, ou alors juste une dame de compagnie ou pire un animal domestique ?

Le enjeux et les complots qui naissent au court de l’histoire sont prenants. Et malgré le fait que l’action mette du temps à démarrer, j’ai très envie de savoir la suite. Que va devenir cette princesse qui est sur le point de renaître de ses cendres ? Qu’elle sera sont choix en amour ? Sa stratégie pour reconquérir son pays perdu ? Va-t-elle réussir à sauver son peuple ? Beaucoup de questions qui pour le moment restent sans réponse mais la lecture prochaine du tome 2 y répondront sûrement !

En bref ?

L’histoire de Ash Princess est une formidable histoire de courage et d’amour, mais pas seulement romantique (peu romantique à vrai dire). Il s’agit de rester fidèle à ses origines, à sa famille et aux traditions qui s’y attachent. D’aimer ce qui nous définit et d’avoir le courage de devenir quelqu’un qu’on aime. C’est une histoire qui vous emporte, teintée d’une certaine mélancolie, et rythmée par les doutes, les peurs mais aussi les décisions courageuse d’une adolescente qui réapprend à se connaître.

Du coup, je le lis?

Pour les jeunes ados qui débutent dans l’heroic fantasy, ou ceux qui recherchent des histoires menées par des héroïnes fortes, c’est un très bon roman. C’est un monde imaginaire encore mystérieux qui je l’espère sera plus développé dans le tome suivant. Une magie subtile qui ne demande qu’a être utilisée. Des personnages intéressants qu’on veut mieux connaître.

Si vous êtes adultes, il ne faudra pas s’attendre à quelque chose de très complexe, ni de très profond. C’est définitivement un bon divertissement, qui sait t’emporter avec lui dans son univers, mais qui aurait pu être plus fluide.

La fin m’a surprise, je m’attendais à beaucoup de choses mais clairement pas à ça ! J’étais littéralement bouche bée, abasourdie. Non ! Ce n’est pas possible ! J’ai vraiment hâte de voir Théodosia en découvrir plus sur son passé, son présent et son avenir.

Un dernier conseil ?

Il est important de se battre pour ce en quoi on croit, mais il est aussi très important de croire en soi.