Franck Thilliez

Edition Fleuvenoir 

«  Juste un mot en avant : un xiphophore »

Je n’ai pas pu résister, je voulais changer un peu de style mais non c’était plus fort que moi : Thilliez et ses enquêtes lugubres ont eu raison de moi. 

Mon instinct de bon petit félin ne m’a pas fait défaut ! « Il était deux fois » est juste GÉNIAL, la patte de Thilliez comme on l’aime. 

Si vous ne le connaissez pas encore et que vous aimez vous ronger les méninges sur des intrigues policières à la fois lugubres, sombres et hypnotisantes FONCEZ ! Un conseil, si vous voulez découvrir cet auteur, lisez : Puzzle et Atomka. 

Franck Thilliez sait se renouveler et ne pas tomber dans la routine, on peut suivre des enquêtes en compagnie de Sharko et Henebelle dans certains de ces ouvrages, mais aussi les mettre de côtés pour suivre d’autres histoires avec des protagonistes inédits. 

J’ai bien blablaté et je suis certaine que vous voulez en savoir plus sur l’histoire. 

Dans ce roman, on ne passe pas par quatre chemins. L’intrigue est déjà posée dès le premier chapitre. Nous découvrons le personnage principal du nom de Moscato, un ancien lieutenant qui recherche sa fille Julie disparue en 2008. Il s’endort dans une chambre d’hôtel dans la ville de Sagas (sa ville d’origine) et se réveille douze ans plus tard, sans aucuns souvenirs. Un réveil brutal, mystique, car cette même nuit où douze ans ce sont écoulés pour lui, une pluie d’oiseaux morts s’abat sur la ville. Moscato se découvre dans le miroir et fait face à un inconnu, les années passées l’ont métamorphosé. Il ne comprend pas, ne se souvient de rien, tout est dans sa tête resté en 2008. On découvre au fil des premiers chapitres qu’il n’est plus le bienvenu dans cette ville… Cette même nuit, une femme est retrouvée assassinée. L’espoir de retrouver sa fille est toujours dans ses pensées mais sa présence dérange, et dérange notamment son ancien équipier et meilleur ami Paul. Sa quête pour retrouver Julie ne fait que commencer, ou recommencer, car il lui faut redécouvrir tout ce qui s’est passé durant ces douze années perdues.

Je ne peux vous en dire plus car ce serait vous donner trop d’éléments et je veux que vous les découvriez par vous-même car c’est vraiment palpitant. 

Un petit bémol qui relève seulement de mon avis personnel, c’est l’ambiance montagnarde du début qui fait écho au style de l’auteur Minier dont je ne suis pas une grande fan, mais il s’agit plus du goût et des couleurs de chacun. 

De chapitres en chapitres, des rebondissements, des twists auxquels on n’aurait jamais pensé. 

L’auteur se joue de nous, s’amuse avec nos nerfs et sait très bien qu’il nous met sur des fausses pistes. En lisant ce thriller, j’avais la sensation de faire partie d’un Escape Game. 

Thilliez maîtrise l’art de la noirceur humaine, nous plonge dans ce qu’il y a de plus abjecte en nous. 

Toutes les pièces de son puzzle s’imbriquent à la perfection. Ma lecture a été ponctuée de «  ah mais non! » « mais ce n’est pas possible » « mais quelle horreur » etc … 

!!SPOILER!! Plus j’avançais dans la lecture, puis lors du dénouement, une sorte de malaise m’a pris. Avoir eu une idée si noire et si alambiquée m’a vraiment perturbée. Je me suis interrogée sur tout ce que l’homme était capable de faire pour avoir de la reconnaissance. L’esprit tordu, une imagination et fascination pour le macabre qui n’a pas de limite. Transformer les crimes les plus atroces en art… comme il dit si bien L’art Criminel. Des mises en scène, une mise en abîme du meurtre en le magnifiant. Quatre formes d’art sont décrites dont une qui m’a d’autant plus dérangée étant photographe et bien entendu celui de prendre les corps de défunts sous tous les angles pour déranger autrui, en faire une expo qui dérange. Bref ! Friande du macabre, des cabinets de curiosités, des films et romans sous forme de thriller j’ai bien été servie et malgré tout j’en reprendrais bien un peu !!!! !!SPOILER!!

Un petit conseil, si vous n’avez pas lu son roman « Le manuscrit inachevé » avant de commencer celui-ci, allez-y, car vous y trouverez des réponses que vous n’aurez peut-être pas eu lors de la lecture de ce dernier. 

J’ai également adoré, les descriptions qu’il donne concernant son personnage, Moscato qui est resté bloqué en 2008, car pour lui 2020 est remplie de nouvelles technologies. Tout est nouveau et parfois effrayant. On y retrouve des références de cette époque et je peux vous dire que ça fait tout drôle car je me suis rendue compte pour ma part que beaucoup de choses avaient évoluées. 

Ce qui m’a fait sourire, c’est qu’au fil du roman, j’avais l’impression que c’était Franck Thilliez lui-même qui voulait nous avouer quelque chose, mais je ne peux vous en dire plus car ce serait du SPOIL ! Pour celles et ceux qui ont déjà lu le roman, je suis tout à fait disposée à échanger avec vous. Ce livre soulève tellement d’intrigues et de mystères. 

Il s’achève de manière à vous poser des tas de questions car quand on croit que le livre est fini, Thilliez nous attend avec une belle surprise qui remet tout en question. 

Un autre conseil pour votre lecture : Ayez la tête reposée car cette enquête est tortueuse, ce roman est un véritable labyrinthe, on tourne, on cherche une issue, on accompagne les personnages dans leurs quêtes. 

La plume de Franck Thilliez est juste, simple, limpide et nerveuse. On ressent son envie de tout nous dévoiler mais ne pas trop nous en dire pour nous faire languir encore plus. Chaque mot, chaque phrase a une importance, tout mène à la réflexion. Il manie les mots avec une certaine prudence.  Plus on dénoue l’histoire avec Moscato et son ancien équipier Paul, plus on se rend compte de l’importance du choix des mots de l’auteur. 

Je n’ai vraiment pas été déçue de cette lecture palpitante. 

Je recommande ce livre pour les amoureux de bon véritable Thriller, qui aime les intrigues à la David Fincher. 

À mettre au pied du sapin 😉