La Belle Sauvage [La Trilogie de la Poussière V1] (2017)

Philip Pullman

Aussitôt est-il sorti que je l’ai commandé pour Noël, et le père Noël me l’a apporté ! J’ai cependant dû repousser la lecture de ce bijou car j’en avais déjà prévues plusieurs autres entre temps, mais ça y est ! Juste à temps pour commander le deuxième volume, j’ai enfin pu découvrir le passé tumultueux de Lyra Belacqua.

Okay, mais c’est quoi ?

« La Belle Sauvage » est le premier volume de la nouvelle trilogie de Philip Pullman, 17 ans après le dernier tome de la trilogie « À la croisée des mondes ». L’histoire se déroule quelques 10 ans avant « Les Royaumes du Nord » alors que Lyra n’est qu’un tout petit bébé.

Et du coup, c’est bien ?

Replonger dans cet univers magique est un pur plaisir. On y retrouve subtilement tous les composants qui nous ont fait adorer la première trilogie – foncez d’ailleurs la lire si ce n’est pas déjà fait. L’histoire est prenante et se déroule sous nos yeux avides, pleine de rebondissements et avec ce qu’il faut de tendresse et de mystère. Nous retrouvons l’Oxford exceptionnel de Philip Pullman. Un Oxford qui semble coincé entre plusieurs époques. Un Oxford d’une autre dimension où l’âme se manifeste par un animal totem, un dæmon, inséparable de son humain. Une dimension dans laquelle on admet que les choses de l’esprit peuvent se matérialiser. Une dimension si proche de la nôtre qu’on pourrait s’y méprendre.

Hm, tu peux développer ?

L’histoire est un voyage, un voyage long et dangereux qui se prépare. Le livre d’ailleurs compte deux parties distinctes.

« La Truite », le nom de l’auberge tenue par les parents de Malcolm. Il est le personnage central de ce volume. Un jeune garçon débrouillard, curieux et généreux accompagné de son dæmon Asta. Il a pour habitude de se déplacer le long de la Tamise dans sa barque, La Belle Sauvage, qui deviendra un personnage à part entière du récit. Pendant toute la première partie il va en apprendre plus sur le monde, sur son entourage et sur lui-même. Il rencontrera bébé Lyra et leur destin vont immédiatement s’entremêler.

« Le Déluge ». Prédit dans la première partie, un déluge sans pareil s’abat sur Londres, et il ne sera pas sans conséquence. C’est alors que Malcolm embarquera sur La Belle Sauvage avec Alice, la jeune fille qui fait la plonge pour ses parents, et son dæmon Ben, et bien sûr Lyra et Pantalaimon qui ont définitivement besoin de protection. Les deux adolescents ne reculeront devant rien pour arriver à bon port.

Aux milieux des points de repères comme Lord Asriel, Farder Coram et Mme Coulter, les nouveaux personnages sont introduits sans peine. On aurait presque l’impression de déjà les connaître tant ils s’intégrent naturellement à ce monde fantastique. On découvre Malcolm, puis plus tard Alice. Puis on rencontre quelques nonnes déterminées, quelques agents peu sympathiques du CDC et les espions prudents d’Oakley Street. Toute une foule d’acteurs essentiels dans le voyage qui mènera Lyra jusqu’au Jordan College.

Comme dans les précédents romans, Pullman plante le décor autour d’un Londres un peu steampunk, sous le joug du Magisterium, une théocratie obscurantiste qui étant son pouvoir sur l’Europe occidentale. Si la première trilogie nous parlait plutôt de la religion catholique (allez la lire vraiment !), on découvre dans ce roman-ci une direction plus folklorique avec des dieux et créatures plus païennes. Pullman dans cet univers nous livre une vision critique de la religion sans la dénigrer pour autant. Il nous en livre sa propre interprétation, les bienfaits de la foi et les dangers de l’endoctrinement.

En bref ?

J’ajouterai simplement que ce roman, comme les romans précédents, est un véritable parcours initiatique dans lequel le héros découvre le monde d’un autre œil. Il passe (un peu trop tôt) de l’enfance à l’âge adulte en traversant maintes péripéties, le tout prédit par une prophétie obscure. Les dynamiques entre le bien et le mal, le questionnement de Malcolm sur le « bon » camp à choisir, sa détermination et sa bonté. Tout est très finement rendu par l’écriture fluide et vraie de Philip Pullman. Il n’a aucun mal à nous transporter, à tel point que par moment, pendant la lecture, on jurerait apercevoir son propre dæmon dans un coin de notre champ de vision.

Du coup, je le lis?

Que vous ayez lu ou non la première trilogie, vous pouvez foncez. Si vous aimez le fantastique doux et poétique. Si vous aimez prendre du recul sur vos principes et ce que vous croyez savoir de vous-même. Et si vous voulez suivre cette véritable épopée depuis son origine, n’hésitez pas. Je vous conseille en revanche lire la première trilogie avant de lire le second tome de « La Trilogie de la Poussière » qui est sorti ce mois-ci en VO. Vous avez un peu plus de temps car la sortie en français de « The Secret Commonwealth » n’est pas encore annoncée.

Un dernier conseil ?

Je ne vous donne pas vraiment de conseil cette fois mais je vous annonce que la BBC (chaîne de télévision anglaise très réputée) va diffuser dès le 3 novembre la série His Dark Material : À la croisée des mondes, adaptation très attendue de la première trilogie de Philip Pullman. HBO diffusera le premier épisode dès le lendemain et OCS ensuite. Ce sera l’occasion de (re)découvrir les aventures de Lyra avec un casting en or et une réalisation qui s’annonce toute aussi brillante.