Joël Dicker

2020, Ed. De Fallois

Joël Dicker, né le 16 juin 1985, est un écrivain suisse, auteur de six romans à succès depuis 2005, dont le best-seller La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, paru en 2012, qui a reçu le Grand Prix du roman de l’Académie française, le prix Goncourt des lycéens, le prix Tulipe en 2013 et le prix Segalen en 2016 et qui a été adapté sous forme de série télévisée en 2018.

Cet article vous propose une critique de son dernier roman, L’Enigme de la chambre 622, paru aux Editions De Fallois cette année et qui est déjà en tête des ventes.

Vous y retrouverez le célèbre écrivain Marcus Goldman, alter ego de Joël Dicker lui-même, déjà présent dans La Vérité sur l’affaire Harry Quebert ou encore dans Le Livre des Baltimore, dans une intrigue qui se déroule à Genève, ville natale de l’auteur.


C’est après une déception amoureuse et le décès de son ami et éditeur, Bernard de Fallois, que le nouvellement très médiatisé Marcus Goldman s’apprête à écrire son troisième roman. Celui-ci aura pour objet, encore une fois, la réouverture d’une enquête policière non-résolue, à savoir un drame ayant eu lieu dans la chambre n°622 d’un luxueux palace genevois lors d’une grande réception donnée par l’établissement bancaire le plus prestigieux de Suisse.
L’intrigue, qui se déroule dans le monde des affaires bancaires helvétiques sur fond de luxe, de mondanités, de trahisons en tous genres et d’espionnage, donnera du fil à retordre à Marcus Goldman qui plongera dans le monde impitoyable des affaires. Au fil de ses investigations, il sera confronté à des anecdotes toutes plus sordides les unes que les autres, entraînant son lecteur d’époque en époque, au gré des récits relatés par les protagonistes présents lors des faits et ce, jusqu’à ce que la lumière éclate au grand jour…

Avec ce nouveau roman, Joël Dicker vous entraîne dans un monde d’artifices et de faux-semblants, un monde où finalement, les masques sont mis à l’honneur. Et si les apparences étaient encore plus trompeuses que ce que vous n’aviez jamais imaginé ?


Sur le fond, à l’image de La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, l’auteur mène son intrigue comme si elle était basée sur des faits réels. Partout, il sème le doute sans laisser de détail au hasard. La ville de Genève y est dépeinte telle qu’elle est réellement, les palaces décrits dans le roman existent bel et bien et, lorsque débute l’enquête de « L’écrivain » et que le lecteur apprend la mort de l’éditeur de Marcus Goldman, Bernard de Fallois, vous n’aurez cas fermer l’ouvrage pour vous apercevoir que celui-ci est publié aux éditions…. de Fallois. En outre, ce dernier est bien décédé le 2 janvier 2018, tel que précisé dans le récit.
C’est ainsi que, sur fond de faits qui se veulent réels, Joël Dicker délaie, sous les traits d’un jeune et célèbre écrivain suisse -tout comme l’auteur lui-même, là-encore…- une enquête qui semble, elle aussi, belle et bien réelle.
Comme s’il s’agissait d’une enquête policière, les faits sont relatés par les personnages interrogés par « L’Ecrivain », mais il s’apercevra vite qu’elle prend en réalité ses racines bien des années auparavant, 15 années en l’occurrence.
C’est ainsi que, durant tout le récit, le lecteur sera amené à faire d’incessants bonds dans le temps, ballotté entre trois époques différentes : l’époque contemporaine, celle où Marcus Goldman procède à son enquête, l’époque des faits perpétrés dans la chambre 622 du Palace Verbier et, enfin, 15 années avant ces faits, à la genèse de l’affaire.

S’agissant de la forme, l’originalité de ce roman réside dans le fait que l’intrigue est construite à la manière d’un film en s’articulant autour des interrogatoires et digressions des différents protagonistes. Ainsi, par de courts chapitres ponctués de flash-back, le récit se présente-t-il comme un enchevêtrement de vies humaines, maintenant le lecteur en haleine de la première à la dernière page et le conduisant, de coups de théâtre en coups de théâtre, au feu d’artifice final.


Si je devais donner mon avis personnel, je dirais que ce roman est extrêmement bien ficelé. Malgré la multitude de personnages et d’allers-retours temporels au fil des digressions et témoignages, jamais le lecteur ne « se perd » et aucune incohérence n’est, à mon sens, à déplorer. Si le récit semble long, c’est que le moindre détail y est étudié et analysé.
Vous trouvez cet ouvrage un peu trop volumineux ? Croyez-moi, vous en redemanderez !
Enfin, et encore une fois ce n’est que mon avis, si le dénouement est un peu « tiré par les cheveux », on ne pourra pas lui enlever qu’au moins, vous ne l’aviez pas vu venir !

Georgette