Maxime Chattam

Edition Albin Michel

« L’araignée se tenait en équilibre au bout de son trait invisible, à quelques centimètres des cheveux de Janie. Ses pattes avant s’allongèrent pour tâter le terrain. »

Je reprends du service vers mes premiers amours : les thrillers! Cela faisait un petit moment que je ne m’étais pas plongée dans un bon thriller comme je les aime. Ce livre qui m’a été offert lors de mon anniversaire par deux amies très chères à mon cœur dont l’une que vous connaissez très bien: notre petit chat Shalena de notre blog.

Je pense que beaucoup d’entre vous connaissent l’écrivain Maxime Chattam ; si ce n’est pas encore le cas, attardons-nous en quelques lignes sur cet auteur que j’adore. 

Maxime Chattam est un romancier spécialisé dans le policier et la science-fiction. Il a séjourné aux Etats Unis ce qui lui permet de décrire avec justesse certains lieux où manière de vivre là-bas. Mais il ne s’est pas arrêté en si bon chemin, ce dernier a fait un séjour dans la jungle Thaïlandaise ce qui a lui a permis d’écrire un journal relatant ses expériences et c’est ce qui le plongera réellement dans l’écriture. Pour parfaire ses connaissances en criminologie, Maxime Chattam a repris ses études, en suivant une formation en criminologie où il a appris les rudiments de la psychologie criminelle, de la police technique et scientifique et de la médecine légale. Un auteur très investit et qui donne un sens réel à ses romans de par ses connaissances. 

Il est temps désormais d’entrer dans le vif du sujet et de vous mener vers le synopsis de cette histoire à vous glacer le sang. 

Nous sommes happés dans l’histoire dès le début du roman grâce à un prologue qui nous donne des frissons et qui pour ma part m’a fait me gratter de partout et m’a rendue rapidement paranoïaque! 

Un couple de personnes âgées dans leur petite maison de Carson Mills, Janie la petite vieille dame lisant un roman, se laissant ronger par des milliers de petites bêtes, de quoi vous faire frémir dès les premières pages!

Très vite nous allons rencontrer l’un des deux personnages principaux, Atticus Gore, un policier solitaire, fan de musique métal, qui n’a pas un grand succès à son poste, et enchaîne les échecs dans ses affaires. Ce dernier va être appelé sur une sombre histoire de meurtre : un homme a été retrouvé mort à Griffith Park. Une mort plus que mystérieuse, car la scène de crime est jonchée de milliers d’insectes écrasés et d’un cadavre dont il ne reste que le squelette intact enveloppé de ses vêtements. Un corps qui n’a pas mis longtemps à se décomposer et c’est de là que toute l’intrigue démarre. 

Puis quelques pages plus tard, nous rencontrons notre second personnage principal, Kat Kordell, détective privée, une femme solitaire également, sans attache. Un jour, une mère de famille la sollicite concernant la disparition de sa fille Léna. Une histoire qui semble banale en tout point pour Kat mais qui au fil de la discussion va finir par l’intriguer au point de se plonger dans cette troublante disparition. 

Tout au long du roman, nous avons deux histoires parallèles, nous suivons les enquêtes haletantes de ces deux personnages. Une histoire intrigante et très dérangeante. 

Si vous aimez les romans policiers, celui-ci est fait pour vous. En revanche, si vous souffrez d’entomophobie (peur des insectes), je pense que vous aurez du mal à poursuivre la lecture, ou alors vous devrez vous faire violence mais en vous grattant le corps, en poussant des cris, ou même encore en cherchant dans tous les recoins de votre foyer s’il n’y a pas de petites bêtes bien logées quelque part. L’auteur s’amuse de nous et joue de cette peur que le lecteur ressent au fil des pages, un petit jeu cruel dont il se délecte. 

Maxime Chattam signe un roman certes policier mais aussi avec un véritable fond de problèmes sociétales, sans trop vous en dévoiler bien entendu. 

Ce roman m’a fait réfléchir et surtout m’a fait écho sur le monde dans lequel nous vivons. J’aimerais vous en dire plus mais je vous gâcherais le tournant que prend le roman lorsque le mystère se dissipe. 

Aimant l’écriture et les histoires de cet auteur, je le suis très régulièrement via les réseaux sociaux. Récemment, avec le confinement, sa femme Faustine Bollaert et lui-même ont organisé un petit rituel, un live régulier sur Instagram s’appelant « Un jour, Un objet ». Nous découvrons grâce aux explications de l’auteur, les objets les plus étranges qu’il détient dans sa collection personnelle. Et je n’ai pas pu m’empêcher de sourire, lors de la vue de cette araignée monstrueusement grosse (même s’il prétend le contraire !), qui m’a immédiatement fait penser aux insectes présents dans son roman. Le romancier détient chez lui un véritable cabinet de curiosités à en faire pâlir plus d’un. 

Je finis avec cette petite parenthèse mais qui explique beaucoup de choses concernant l’univers de cet auteur très sombre. 

Ce qui est appréciable chez ce romancier, c’est son renouvellement dans ses romans, il ne se repose pas sur ses acquis et nous surprend à chaque fois. 

Vers le milieu de l’ouvrage je me suis posée quelques questions en me disant « c’est quand même un peu tiré par les cheveux », mais étant investie dans l’enquête et voulant à tout prix savoir le dénouement, j’ai mis mon ressenti de côté et j’ai bien fait !

Une fois de plus, maître Chattam dans son style bien à lui, s’est mis à la place du lecteur et nous offre lors des pages de remerciements des explications plus que pertinentes concernant le thème principal de son roman, et de ce fait,  je me suis sentie quelque peu bête et coupable d’avoir pensé cela. Bravo monsieur Chattam! 

Si vous aimez cet auteur et que vous avez lu entre autres « Que ta volonté soit faite » ou « La trilogie du mal » n’hésitez pas.

Vous aurez donc compris, je vous conseille vivement la lecture du roman Un(e)secte pour les amoureux de policiers et de scènes « gores ». C’est un livre efficace qui tient très bien sa promesse.

Méli-Mélo